Qu’il compile les motifs ornant les bordures des mouchoirs en papier en une édition « semi-précieuse » de gaufrages sur papier diffusés par voie postale, qu’il s’improvise repriseur de l’espace urbain en venant boucher les micro-trous qu’il rencontre sur les murs par de minuscules boulettes de papier froissé ; qu’il s’amuse de la littéralité picturale en peignant le mot « rien » d’une couleur presque imperceptible ; qu’il rejoue les marquages de noms et de dates que l’on trouve sur les parois des carrières de Tuffeau à l’arrière d’une cimaise qu’il a creusée pour y ouvrir comme un tunnel ; qu’il s’approprie une icône de la peinture moderne occidentale en la reproduisant à taille réelle au mur d’une dent creuse brestoise, son Guernica tout de spray gris vêtu comme un exercice de style traitant tout à la fois des questions de copie — au sens de l’apprentissage, de reproduction — au sens de la déperdition de qualité, et de diffusion de l’art — au sens où même, et en fait surtout, les chefs d’œuvre vivent dans la culture de masse ; Guillaume Pellay aime à se penser dilettante non-spécialiste.

Aude Launay - 2014